Robots don't cry.

Nous si. Et ça nous tue.

La Newsletter du Chaos Club
6 min ⋅ 02/03/2026

(Tout en bas de cette missive, je vous offre des places pour la prochaine soirée du Chaos Club ! BOUM ! A vos scrolls 🤭)

Hello 👋

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’amour.

Et ça commence par ici :

"J'ai visité avec T. une exposition technique que l'on venait d'inaugurer dans le coin.

T. s'est comporté d'une façon des plus étranges, si étrange que j'ai fini par l'observer, lui, plutôt que les machines exposées. Dès que l'une des machines les plus complexes de l'exposition a commencé à fonctionner, il a baissé les yeux et s'est tu. J'ai été encore plus frappé quand il a caché ses mains derrière son dos, comme s'il avait honte d'avoir introduit ses propres instruments balourds, grossiers et obsolètes dans une haute société composée d'appareils fonctionnant avec une telle précision et un tel raffinement"

C'est à partir de cette expérience que Günther Anders développe, dans son ouvrage “L’Obsolescence de l’Homme” (1956), le principe de honte prométhéenne : enfanter des machines qui le dépassent aurait rendu l’humain tout penaud.

Alors 70 ans plus tard, que reste-t-il de cette bible prophétique ?
Beaucoup. Car nul doute qu'on ait encore énormément à envier à nos machines.

Mais qu'est-ce qu'on leur envie le plus, au juste ?

Pas leur intelligence. Parce que soyons honnête : la course à qui aura le plus gros cerveau, ça fait longtemps qu'on l'a droppée.

Déjà Charles A, 15 ans, cheveux précocement grisonnants (et odeur forte je vous le concède) nous avait foutu un bon coup à l'ego : REUSSIR de manière constante (et avec le sourire) là où nous avions TOUJOURS échoué (à savoir dépasser l'horizon du 2/20 en langues mortes).

...

La Newsletter du Chaos Club

Par Bénédicte Ibert

👋 Hello ! Actuellement en poste de planning stratégique chez Google, je vous partage, à mes heures perdues, mes élucubrations techno-philosophiques (qui n'engagent que moi, bien entendu).